Interview Brian Storm

« Pourquoi concevoir des documentaires uniquement pour le web ? »

Brian Storm, fondateur de Mediastorm

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Pouvez-vous revenir sur votre parcours ?

J’ai créé Mediastorm en 1994 pendant mon master de photojournalisme à l’université du Missouri. Je voulais contextualiser mes photos et apporter une voix à mes sujets. C’est ce qui m’a poussé vers ce format et ce type de récit cinématographique. Au départ on travaillait sur des projets en cd-rom. La transition vers le web a été assez naturelle. Puis j’ai eu une opportunité chez Microsoft. J’ai travaillé pendant 7 ans à msnbc.com où j’ai beaucoup appris sur la façon de monter et de faire connaître des projets web. Puis, j’ai relancé Mediastorm, en 2005. Peut-être un peu plus tôt de ce que j’avais prévu mais finalement le timming a été bon. Aujourd’hui, c’est le parfait contexte pour créer ce genre de boîte.

Qu’est qu’apporte le web pour vous ?

Chaque media joue son propre rôle. Ils sont tous important pour toucher l’audience la plus large possible et créer le système qui permet de financer ce genre de projets. Par exemple, pour « Intended Consequences », le reportage a été bien distribué : la presse écrite avec News Week, Telegraph et Sterns… Puis on a fait un livre, à tirage limité, ce qui a eu un grand impact émotionnel. Il faut voir ce que peut apporter chaque media. Le livre donnait un aspect sentimental : c’est comme un morceau de l’âme du photographe. Puis vient le DVD avec un format de 61 minutes. Enfin, on a fait une exposition très vivante avec des événements, des débats. Et bien sur il y a le webdocu disponible sur notre site qui permet d’avoir une visibilité très large. C’est une des clefs du web : une distribution infinie. On a des internautes de 135 pays différents ! Nous modèle consiste à produire des documentaires haute définition, conçus pour la télévision. Puis on les encode pour le web et pour les téléphones portables. C’est donc un travail, prêt à être diffusé sur trois médias. C’est un point clef de notre stratégie. Pourquoi faire des documentaires conçu pour le web ? Pourquoi ne pas profiter des tous les médias pour touche un maximum de personnes.

Vos récits sont le plus souvent linéaires. Pourquoi n’utilisez-vous pas l ‘interactivité ?

On utilise pas trop l’interactivité car elle ne s’applique qu’à un seul media : le web. Donc le coût de revient est mauvais car les interfaces immersives et interactives sont très chères à créer. C’est aussi rationnel que ça ! L’interactivité, c’est aussi quelque chose que tout le monde ne maîtrise pas forcément, contrairement à la simple action d’appuyer sur la touche play et laisser filer l’histoire. En plus, toutes l’interaction n’est pas toujours une bonne façon de raconter une histoire. Chez Mediastorm, on ne cherche pas à ‘inventer de nouvelles manières de construire un récit, c’est pas notre objectif. On est plus tourné vers l’histoire en elle-même. Quand on se lance sur un projet, on ne pense pas aux médias sur lesquels il va être diffusé. On a surtout en tête l’histoire. C’est le coeur de notre métier : intéresser les gens, provoquer de l’action, créer la surprise, faire de l’humour… montrer la condition humaine. Cela sonne un peu cliché mais on essaie d’être le plus universel et intemporel possible. Dans dix ans, nos documentaires pourront encore se regarder comme aujourd’hui.

Comment fonctionne Mediastorm ?

Nous ne sommes que 6. Moi et une autre personne cordonnons le processus de production en entier. Puis il y a deux producteurs et deux designers. C’est une toute petite boîte et c’est ce qu’on veut. On travaille avec des photographes free lance, avec qui on essaie de collaborer aussi en amont que possible pour les aider à mieux construire le récit. Et quand l’argent commence à rentrer, on partage 50/50 : c’est une collaboration. Concrètement, on a plusieurs casquettes. Notre coeur de métier, c’est la publication, à travers tous les medias possibles. Depuis le temps, on commence à avoir une vrai présence sur le net. Nous sommes aussi une agence de production. nous clients sont les gros médias medias, des ONG, des entreprises. C’est cette partie qui rapporte le plus. On a quelques gros clients phares. Enfin, nous sommes une « école ». On organise des ateliers pour communiquer notre savoir faire. Cela marche pas mal aussi !

Ecoutez l’intégralité de l’interview :

Votre parcours ?


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