Archive for the ‘A voir’ Category

Lumière sur le Las Vegas Sun

08/05/2009

Le Las Vegas Sun est un journal de taille moyenne mais il est devenu un acteur incontournable du webjournalisme avec une équipe multimedia qui ne compte pas moins d’une quarantaine de journalistes, programmateurs et producteurs.

Las Vegas History

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Sujet : Les stars et leurs sosies, les criminels et les catastrophes, les destructions et les nouveaux casinos… ce webdocumentaire retrace plus d’un siècle d’histoire de Las Vegas.

Points forts : La  richesse du contenu et la diversité de la forme.

A ne pas rater : la carte des casinos et la galerie de portraits de mafieux. Je conseille aussi les petites vidéos de destruction de casinos !

Thirst in the Mojave

Thirst in the Mojave

« Thirst in the Mojave« , un webdocumentaire très abouti sur les problèmes d’eau que risque de rencontrer la ville. à moyen terme.

A ne pas rater : L’interface est remarquable par sa simplicité et sa lisibilité. Elle est constituée de trois éléments principaux :

1/ Un écran principal où défilent 5 films qui durent de 2 à 6 minutes (20 minutes en tout).

2/ En dessous, une petite carte indique, en temps réel, le lieu où la séquence a été tournée.

3/ Toujours sous l’écran principal, une rubrique « plus d’infos » défile en synchronisation avec la vidéo de telle manière que lorsqu’un sujet est abordé dans le commentaire, on peut pousser plus loin l’info grâce à la vignette du dessous.

J’apprécie particulièrement cette interface pour le confort de lecture qu’elle apporte : on peut choisir de simplement se laisser guider par l’histoire, ou de consulter des infos supplémentaires pendant que la vidéo tourne, ou enfin d’aller vers l’extérieur grâce aux liens que propose le webdocu au fur et mesure du récit.

Par ailleurs, un peu plus bas dans la page, une carte interactive permet de visualiser les zones de la villes qui consomment le plus d’eau. On peut connaitre le détail d’une maison en particulier en inscrivant son adresse ! On peut aussi localiser toutes les piscines de la ville.

Auteur : Zach Wise

Mediastorm, l’incontournable

28/04/2009

« Intended Consequences »

Sujet : Les conséquences des viols pendant le génocide de 1994.

Points forts : La force de l’histoire et la façon dont sont utilisés le texte, la photo et la vidéo.

Producteur : Mediastorm, une agence de webdocumentaires instalée à New York depuis 2005. Elle a reçu de nombreux prix (2 Emmy awards et 3 Webby Awards) et ses productions ont été publiées sur de nombreux sites comme MSNBC.com, Slate, NPR, Reuters et PBS.

Récit : linéaire mais un sentiment d’intéractivité grâce aux nombreux liens qui permettent de faire un don à des associations, d’acheter des dvd et des livres sur le sujet, de s’abonner au podcast de mediastorm et de réagir sur le forum ou de laisser un commentaire sur la page.

Auteur : Jonathan Torgovnik


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Geo, précurseur du genre

09/03/2009

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« Bienvenue sur le site du transjournalisme. » C’est en ces termes, un peu inquiétants, que nous accueille Jean-Luc Marty, rédacteur en chef du magazine géo, dans la rubrique « webreportage » de son site. Le magazine géo est, à ma connaissance,  le seul site d’information à avoir une telle rubrique sur sa page d’accueil.

Quatre « WR », ce nouveau « concept typiquement web consistant à enrichir un sujet en utilisant différentes fonctions : compléments d’info, pièces à conviction, cartes, making of… », sont en ligne.

Chacun d’entre eux est composé de deux ou trois documentaires centraux (environ 4 minutes), complétés par une série d' »extra ». Des « compléments d’info », comme le disait Jean-Luc, c’est à dire des mini-reportages (1 à 2 minutes) sur un point précis abordé dans le sujet ; des cartes interactives avec du texte, de la photo et de la vidéo ; des documents annexes comme des brochures de journaux ou des affiches ; des »making of » où les journalistes livrent leurs impressions et une série de liens vers des sites sur le sujet.

J’ai bien aimé la possibilité de réécouter la bande son avec en lien les sites des artistes. C’est « typiquement web », dirait Jean-Luc.

Contrairement à certains webdocus qui abusent un peu du recyclage, ici chaque rubrique à son propre contenu. Les sujets sont passionnants (les enlèvements au Mexique, New Orleans trois ans après…) et bien faits. On attend les prochains avec impatience !

De Mao aux J.O.

24/02/2009

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De la même manière que Montreal en 12 lieux, le webdocu De Mao aux JO, nous balade le long de l’axe principal de Pekin, guidés par une carte interactive.

Dix-huit lieux symboliques, comme le mausolée de Mao, une école ou un centre commercial, nous sont présentés par une série de personnages. Chacun, par son métier, son passé ou sa situation sociale, apporte un éclairage nouveau sur la Chine qui entre dans la modernité.

Un travail journalistique

Un couple d’ouvriers, qui vivent dans une cabane au cœur du chantier, nous parlent de l’avenir de leurs deux enfants. La mère souhaite que le garçon ait un meilleur avenir : qu’il devienne…journaliste. Justement, le spectateur avait suivi, deux épisodes avant, un blogueur qui enquête au milieu des décombres de Hutongs, ces maisons traditionnelles du centre ville détruites par le gouvernement pour laisser place aux installations olympiques. Le cyber-journaliste se heurte de plein fouet à la censure. Non loin de là, dans le parc Jingshan, un groupe de retraités nostalgiques de la révolution culturelle chantent et dansent sur des aires révolutionnaires.

Les 18 reportages vidéos, d’environ 3 à 4 minutes, sont le fruit d’un vrai travail journalistique. Bien montés, souvent rythmés par du hip-hop chinois, ils sont dynamiques et agréables à regarder. L’esthétique du site aussi est soignée.

Le tout est en somme assez complet et bien fini. C’est le travail de Charlie Buffet et de son équipe (jusqu’à 6 sur un même sujet). Chaque reportage est complété par le « billet de Charlie » où l’on peut lire des informations supplémentaires et quelques impressions de tournage. Produit par Plokker pour Arte Reportage en 2008, ce webdocumentaire mérite le détour. Seule reproche, le site est un peu lourd et donc long à charger.

La cité des mortes : Ciudad Juarez

05/02/2009

ciudad-juarezC’est certainement l’un des premiers webdocumentaires.  Conçu pour compléter un livre-enquête sur cette ville mexicaine où de nombreuses femmes ont été retrouvées violées et assassinées, il a été mis en ligne en 2005 par Upian. Après l’excellent Thanatorama (réalisé en 2007), je découvre donc son ancêtre. On mesure ainsi le chemin parcouru. Car sans avoir lu le livre, ni le long préambule, il est bien difficile de s’y retrouver ! Ni fin ni début, mais quatre catégories : « Video, Photo, Radio, et Cartographie ». Bref, pas vraiment de fil directeur ni de progression temporelle. Il faut donc fournir un effort considérable pour se plonger dans le docu. L’interface aussi n’est pas très instinctive. J’ai mis du temps à comprendre comment la radio marchait….

Le spectateur est souvent perdu car pas assez informé. Par exemple, la vidéo sur les « bus de la mondialisation » n’est accompagnée d’aucune sorte d’éclairage. On voit simplement des bus rouler… D’autres vidéos, n’en sont pas : ce sont des diaporamas constitués des même images que l’on retrouve dans la rubrique photo. Rubrique mal faite par ailleurs, dans sa présentation des clichés. On trouve aussi quelques fautes d’orthographes…

Mieux vaut considérer ce webdocu comme un pionner qui ne se suffit pas à lui-même. Il faut lire le livre d’abord. Chose que je n’ai pas faite.

Mini-webdocus

04/02/2009

Difficile de faire plus simple comme nom. Les minimovies, comme le nom l’indique donc, sont des documentaires d’une durée adaptée au web : de 3 à 7 minutes. Chaque sujet compte 7 à 10 épisodes. Submarinechannel, la société néerlandaise qui les produit, ne s’est pas contentée de couper en plusieurs parties des documentaires classiques. Chaque épisode peut ainsi se visionner indépendamment. Le rythme est plus rapide. Et les sujets sont bourrés d’innovation.

Le dernier en date « I love Alaska » reprend le scandale AOL. En 2004, le géant d’internet a publié par inadvertance les trois derniers mois de recherche de 650 000 internautes. L’équipe de minimovies s’est penchée sur le cas de l’utilisateur 711391 : une quinquagénaire de Houston (Texas), religieuse et fascinée par l’Alaska. On y voit des paysages enneigés, en plan fixe, et on entend une voix off, métallique, qui énumère les recherches : comment fllirter avec un homme; comment tuer un oiseau dans son jardin; peut-on attraper le SIDA par la transpiration…. Ca s’apparente pour moi plus à une video d’art qu’à un reportage.

HBO

Autre exemple, plus intéressant : « Dear Oprah ». Sous la forme d’une lettre adressée à la célèbre présentatrice américaine, les journalistes sont partis à la rencontre des américains qui ne votent pas. On y apprend beaucoup de chose, comme les difficultés matérielles que peuvent rencontrer des américains modestes pour se rendre aux urnes. Surtout, la forme est originale : des experts commentent des chiffres de l’abstention autour d’une pizza, d’une tarte aux myrtilles ou encore d’une omelette qui servent à représenter la part des citoyens qui remplissent ou non leurs devoirs. Les journalistes se mettent beaucoup en scène et n’hésitent pas à faire des blagues. On passe ainsi du rire aux témoignages d’une démocratie américaine en crise.

Leur première production, Molotov Alva, se situe entièrement dans l’univers virtuelle de 2nd Life. Une idée originale qui leur a valu l’intérêt de la grande chaîne américaine HBO.

Sur un plan pratique, on peut télécharger les documentaires, mais on ne peut pas, me semble-t-il, s’abonner sous forme de podcast pour les visionner sur des smart phone. Dommage. Surtout que les possibilités qu’offre le web ne sont pas vraiment exploitées. Par exemple, la rubrique « pour aller plus loin », se limite à deux trois articles, dont Wikipedia, pourtant proscrit chez tout journaliste qui se respecte.

Et qui di web ne dit pas toujours mauvaise qualité puisque

Gaza/Sderot à l’heure de la guerre

14/01/2009

gazasderot-vignetteLes dernières images datent du 23 décembre, la veille du lancement de l’opération « plomb durci » par Israël. C’est le  hasard du calendrier. Le tournage des 40 épisodes était prévu du 26 octobre au 23 décembre 2008. Cité dans Le Monde Télévision (semaine de 5 au 11 janvier), Serge Gordey, producteur délégué au projet, affirme que, depuis le déclenchement de la guerre « nous somme restées en contact avec les deux équipes ». Il a aussi eu des nouvelles des personnes filmés dans les documentaires.

La suite en discussion

Côté palestinien, l’équipe s’est dispersée. En Israël, on s’inquiète du risque de mobilisation.  La plupart sont terrés chez eux sur instruction militaire, mais un simple coup de fil pourrait les envoyer sur le front.

Des discussions sont en cours avec Arte pour reprendre le tournage. Ce qui devrait se faire si on en croit la progression de la fréquentation du site. Le 4 janvier, on comptait 5 000 visiteurs uniques, un record. Mais pour l’instant, le producteur palestinien est introuvable. Un message en hébreu signal que le correspondant est injoingable.

Montréal en 12 lieux

23/11/2008

Produit par deux québécois, Vianney Tremblay et Philippe Lamarre, pour le compte d’Urbania et Toxa, ce documentaire présente Montréal en 12 lieux insolites. Parc, boîte de nuit, hôtel de luxe, chaque étape est illustrée autour d’un personnage, un habitué des lieux. De nombreuses interview sont disponibles au fur et à mesure que l’on évolue dans cet univers interactif décalé. Lauréat du web flash festival 2008, Montréal en 12 lieux se distingue par l’originalité et la beauté de ses graphismes.

Voyage au bout du charbon : au fond des mines chinoises

18/11/2008

Voyage au bout du charbonVoyage au bout du charbon est un webdocumentaire réalisé par le photographe Samuel Bollendorff et produit par Arnaud Dressen. Grosse publicité puisque  Le monde le diffuse sur son site, accompagné par une interview des auteurs.

Comme dans thanatorama, le parcours est interactif. Dans la peau d’un journaliste, le webdocu nous plonge dans les mines de charbon chinoises où des nombreux accidents font des dizaines de victimes tous les ans. Le scénario est très élaboré. On peut choisir de poser des questions différentes à chaque interlocuteur et nos choix déterminent la suite de l’enquête.

Pour atteindre une telle richesse de contenu, les auteurs, comme ils l’expliquent dans l’interview, ont pris quelques libertés :  » On a donc commencé à s’écarter progressivement de la traduction littérale, et finalement, on a été obligé de réenregistrer les voix (…) Ce n’est pas un reportage pur, il y a des choses qu’on a été obligé de réécrire et c’est pour ça qu’il y a un avertissement au départ. Mais en même temps, on est vraiment dans une enquête poussée et finalement je crois qu’on est plus proche de la réalité que peut l’être un reportage du journal télévisé de 20 heures », affirme le photographe

Même si « rien est faux », cette façon de faire pose la question, inhérente à tout ce qui sort d’internet : quellle crédibilité ?

Première pierre à l’édifice

16/11/2008
Thanatorma, le webdocu qui m'a donné l'envie de commencer ce mémoire

Thanatorma, le webdocu qui m'a donné l'envie de commencer ce mémoire

Le blog du festival des 4 écrans, que nous avons réalisé, en direct, avec ma classe du celsa, a été ma première expérience concrète de journalisme web. Sur place, nous avons mis en ligne des dizaines d’articles liés au déroulement du festival, du 14 au 16 novembre.

En parcourant le blog, un article de Mounir, sur Alexandre Brachet, membre du jury, et responsable du site upian.com, m’a fait découvrir Gaza-Sderot, une série documentaire diffusée sur internet, qui, comme le dit si bien Mounir, « redéfinit les codes de la narration ». Si la formule est un peu pompeuse – désolé Mounir – c’est vrai que j’ai été impressionné. Deux vidéos, présentées sur un même écran, se font face et dialoguent. L’une raconte la journée d’un Palestinien dans la bande de gaza, l’autre celle d’un Israélien.

Intrigué, j’ai exploré le site d’Alexandre Brachet. Sur la page d’accueil, quelques « webdocumentaires », dont Thanatorama, un diaporama animé de grande qualité. Très étrange.  Les photos et la vidéo illustrent le récit, bien écrit, de ce qui advient après la mort. On peut choisir son propre scénario : crémation ou enterrement ? Quel bois pour mon cercueil ? Laisser vous guider par vous-même : le documentaire.

Notre travail lors du festival était chapeauté par notre prof de presse web : Judith Rueff. Cette ancienne journaliste de Libération a lancé récemment une agence de reportage nommée ligne4, du nom de sa ligne de métro. Le concept est intéressant : vendre des documentaires format web aux médias. Sur le site, les projets réalisés et diffusés sont visionables. Je conseille Les oubliés du pipeline, un diaporama avec les photos et la voix du photographe Grégoire Eloy, qui a vadrouillé entre le Caucase et la Turquie, le long du pipeline qui transporte l’or noir de la mer Caspienne à la Méditterranée. Étonnant contraste entre la pauvreté de ces gens et les millions de dollars qui s’écoulent sous leurs pieds.

Avant de conclure cet après-midi devant mon ordinateur par la création de ce blog, j’ai fait un tour sur le site de kourtrajmé où l’on peut aussi voir quelques documentaires intéressants, même s’ils ne sont pas révolutionnaires au niveau du format.

Pas de quoi nourrir mon idée de mémoire sur les webdocumentaires. Reste à trouver l’ angle !