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Web-documentaires : inventifs mais fragiles

06/05/2009

J’ai eu l’honneur de me faire interviewer par Jean Abbiateci sur son blog. Je vous invite à la lire.

Interview Brian Storm

06/05/2009

« Pourquoi concevoir des documentaires uniquement pour le web ? »

Brian Storm, fondateur de Mediastorm

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Pouvez-vous revenir sur votre parcours ?

J’ai créé Mediastorm en 1994 pendant mon master de photojournalisme à l’université du Missouri. Je voulais contextualiser mes photos et apporter une voix à mes sujets. C’est ce qui m’a poussé vers ce format et ce type de récit cinématographique. Au départ on travaillait sur des projets en cd-rom. La transition vers le web a été assez naturelle. Puis j’ai eu une opportunité chez Microsoft. J’ai travaillé pendant 7 ans à msnbc.com où j’ai beaucoup appris sur la façon de monter et de faire connaître des projets web. Puis, j’ai relancé Mediastorm, en 2005. Peut-être un peu plus tôt de ce que j’avais prévu mais finalement le timming a été bon. Aujourd’hui, c’est le parfait contexte pour créer ce genre de boîte.

Qu’est qu’apporte le web pour vous ?

Chaque media joue son propre rôle. Ils sont tous important pour toucher l’audience la plus large possible et créer le système qui permet de financer ce genre de projets. Par exemple, pour « Intended Consequences », le reportage a été bien distribué : la presse écrite avec News Week, Telegraph et Sterns… Puis on a fait un livre, à tirage limité, ce qui a eu un grand impact émotionnel. Il faut voir ce que peut apporter chaque media. Le livre donnait un aspect sentimental : c’est comme un morceau de l’âme du photographe. Puis vient le DVD avec un format de 61 minutes. Enfin, on a fait une exposition très vivante avec des événements, des débats. Et bien sur il y a le webdocu disponible sur notre site qui permet d’avoir une visibilité très large. C’est une des clefs du web : une distribution infinie. On a des internautes de 135 pays différents ! Nous modèle consiste à produire des documentaires haute définition, conçus pour la télévision. Puis on les encode pour le web et pour les téléphones portables. C’est donc un travail, prêt à être diffusé sur trois médias. C’est un point clef de notre stratégie. Pourquoi faire des documentaires conçu pour le web ? Pourquoi ne pas profiter des tous les médias pour touche un maximum de personnes.

Vos récits sont le plus souvent linéaires. Pourquoi n’utilisez-vous pas l ‘interactivité ?

On utilise pas trop l’interactivité car elle ne s’applique qu’à un seul media : le web. Donc le coût de revient est mauvais car les interfaces immersives et interactives sont très chères à créer. C’est aussi rationnel que ça ! L’interactivité, c’est aussi quelque chose que tout le monde ne maîtrise pas forcément, contrairement à la simple action d’appuyer sur la touche play et laisser filer l’histoire. En plus, toutes l’interaction n’est pas toujours une bonne façon de raconter une histoire. Chez Mediastorm, on ne cherche pas à ‘inventer de nouvelles manières de construire un récit, c’est pas notre objectif. On est plus tourné vers l’histoire en elle-même. Quand on se lance sur un projet, on ne pense pas aux médias sur lesquels il va être diffusé. On a surtout en tête l’histoire. C’est le coeur de notre métier : intéresser les gens, provoquer de l’action, créer la surprise, faire de l’humour… montrer la condition humaine. Cela sonne un peu cliché mais on essaie d’être le plus universel et intemporel possible. Dans dix ans, nos documentaires pourront encore se regarder comme aujourd’hui.

Comment fonctionne Mediastorm ?

Nous ne sommes que 6. Moi et une autre personne cordonnons le processus de production en entier. Puis il y a deux producteurs et deux designers. C’est une toute petite boîte et c’est ce qu’on veut. On travaille avec des photographes free lance, avec qui on essaie de collaborer aussi en amont que possible pour les aider à mieux construire le récit. Et quand l’argent commence à rentrer, on partage 50/50 : c’est une collaboration. Concrètement, on a plusieurs casquettes. Notre coeur de métier, c’est la publication, à travers tous les medias possibles. Depuis le temps, on commence à avoir une vrai présence sur le net. Nous sommes aussi une agence de production. nous clients sont les gros médias medias, des ONG, des entreprises. C’est cette partie qui rapporte le plus. On a quelques gros clients phares. Enfin, nous sommes une « école ». On organise des ateliers pour communiquer notre savoir faire. Cela marche pas mal aussi !

Ecoutez l’intégralité de l’interview :

Votre parcours ?


Andrew DeVigal, New York Times

01/05/2009

 » L’interactivité peut détruire un récit »

andrew-copy Andrew DeVigal (à droite), chef du multimedia, et son équipe

Qu’est ce que le web a de plus que les médias traditionnels ?

L’interactivité. La vidéo a toujours existé. Avec la télé, on peut mettre sur pause, rembobiner et accélérer. Mais on ne peut pas engager les gens ou interagir avec eux. Finalement, la vidéo sur le web n’est qu’une télévision plus petite.

Internet, grâce à l’interactivité, offre à l’utilisateur la possibilité de fouiller plus en profondeur quand ça a du sens dans le récit. Par exemple, dans notre article multimedia Comment le Pentagon fait passer le message, l’internaute peut s’arrêter dans le récit pour consulter un document mentionné dans la vidéo. Pareil avec Choisir un président, on a accès à des articles et aller plus loin sur des aspects bien précis.

Qu’est ce que vous pensez de l’interactivité ? Est-ce qu’elle est toujours pertinente ?
L’interactivité permet de personnaliser l’expérience. Et il y a des circonstances pour cela, toutes les types de narrations ne sont pas adaptés à l’interactivité. D’autres vont naturellement amener à l’interaction ou même la rendre nécessaire pour bien comprendre un sujet. Mais si elle est forcée, elle peut très bien détruire un récit.

Comment réagissent vos lecteurs ?
Les gens ne réagissent pas spécialement à l’interaction, ils s’intéressent au contenu. Et ils veulent que cela soit fluide. On doit toujours le garder à l’esprit quand on développe des contenus interactifs. Il suffit que l’histoire soit facile à comprendre, c’est tout !

D’où tirez-vous  votre inspiration ?
D’autres médias font du bon boulot. Je vais souvent voir le Washington Post, NPR, BBC, Frontline, LA Times et bien d’autres. J’ai toujours aussi été fasciné par ce que font les musées pour être interactifs. Par exemple, je m’inspire souvent de Second Story.

Est-ce qu’il existe un business modèle pour les webdocumentaires ?
J’imagine que c’est la question qui tue ? C’est à nous de le créer. Il y a déjà quelques exemples de sponsoring réussis avec PBS (la télévision publique américaine, ndlr) ou des O.N.G.

Combien votre département multimedia compte d’employés ?
Nous sommes 10. Cela va des journalistes flash à des ceux qui viennent de la radio publique. On collabore aussi beaucoup avec les infographistes (30 personnes), la vidéo (20 personnes) et le département de l ‘actualité interactive (10 personnes).

Est-ce que tout est produit en interne ?

La plupart du temps, on produit notre propre contenu. On fait parfois appel à des pigistes pour le contenu, mais on achète rarement des webdocumentaires déjà faits. On tient à travailler ensemble avec les journalistes.

Est-ce que vous allez vous agrandir ?
Sûrement pas dans un futur proche.

Propos recueillis par Emiland Guillerme pour les mardis numériques de CAPA

Twitter Andrew DeVigal

CFPJ Lab

30/04/2009

L’école de journalisme CFJ a invité, à l’occasion d’une réunion sur les webdocumenntaires et webseries, Joël Ronez, qui dirige le pôle multimedia d’Arte, et Jean-Christophe Rampal, auteur de la CIté des Mortes, déjà évoquée dans ce blog. Extraits :

Joël Ronez nous a donné sa définition du media web (montez le son car l’enregistrement n’est pas fort…)

Puis il a répondu aux étudiants du CFJ :

Jean-Christophe Rampal explique comment les webdocumentaires peuvent drainer une nouvelle audience :

Henrik Kastenskov, The Bombay Flying Club

26/04/2009

« Créer un nouveau media »

Propos recueillis par Emiland Guillerme, le 23 avril 2009, pour Les mardis numériques de CAPA.

Le Bombay Flying Club est une agence de webdocumentaires danoise montée par Poul Madsen et Brent Foster, deux photojournalistes free lance. Elle compte aujourd’hui sept production à son catalogue. Ils ont remporté plusieurs prix au Danemark et à l’étranger.

A voir : Afghan Diaries

Sujet : Des soldats danois racontent comment ils ont vécu la guerre en Afghanistan. Points forts : Une récit vivant grâce à une narration à la première personne, style carnet de bord, accompagnée d’un design sonore très soigné. Ce documentaire a reçu un prix dans la catégorie multimedia du concours de la NPPA (National Press Photographers National Association) en mars dernier.