Mediastorm, l’incontournable

28/04/2009

« Intended Consequences »

Sujet : Les conséquences des viols pendant le génocide de 1994.

Points forts : La force de l’histoire et la façon dont sont utilisés le texte, la photo et la vidéo.

Producteur : Mediastorm, une agence de webdocumentaires instalée à New York depuis 2005. Elle a reçu de nombreux prix (2 Emmy awards et 3 Webby Awards) et ses productions ont été publiées sur de nombreux sites comme MSNBC.com, Slate, NPR, Reuters et PBS.

Récit : linéaire mais un sentiment d’intéractivité grâce aux nombreux liens qui permettent de faire un don à des associations, d’acheter des dvd et des livres sur le sujet, de s’abonner au podcast de mediastorm et de réagir sur le forum ou de laisser un commentaire sur la page.

Auteur : Jonathan Torgovnik


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Henrik Kastenskov, The Bombay Flying Club

26/04/2009

« Créer un nouveau media »

Propos recueillis par Emiland Guillerme, le 23 avril 2009, pour Les mardis numériques de CAPA.

Le Bombay Flying Club est une agence de webdocumentaires danoise montée par Poul Madsen et Brent Foster, deux photojournalistes free lance. Elle compte aujourd’hui sept production à son catalogue. Ils ont remporté plusieurs prix au Danemark et à l’étranger.

A voir : Afghan Diaries

Sujet : Des soldats danois racontent comment ils ont vécu la guerre en Afghanistan. Points forts : Une récit vivant grâce à une narration à la première personne, style carnet de bord, accompagnée d’un design sonore très soigné. Ce documentaire a reçu un prix dans la catégorie multimedia du concours de la NPPA (National Press Photographers National Association) en mars dernier.

Geo, précurseur du genre

09/03/2009

geo

« Bienvenue sur le site du transjournalisme. » C’est en ces termes, un peu inquiétants, que nous accueille Jean-Luc Marty, rédacteur en chef du magazine géo, dans la rubrique « webreportage » de son site. Le magazine géo est, à ma connaissance,  le seul site d’information à avoir une telle rubrique sur sa page d’accueil.

Quatre « WR », ce nouveau « concept typiquement web consistant à enrichir un sujet en utilisant différentes fonctions : compléments d’info, pièces à conviction, cartes, making of… », sont en ligne.

Chacun d’entre eux est composé de deux ou trois documentaires centraux (environ 4 minutes), complétés par une série d' »extra ». Des « compléments d’info », comme le disait Jean-Luc, c’est à dire des mini-reportages (1 à 2 minutes) sur un point précis abordé dans le sujet ; des cartes interactives avec du texte, de la photo et de la vidéo ; des documents annexes comme des brochures de journaux ou des affiches ; des »making of » où les journalistes livrent leurs impressions et une série de liens vers des sites sur le sujet.

J’ai bien aimé la possibilité de réécouter la bande son avec en lien les sites des artistes. C’est « typiquement web », dirait Jean-Luc.

Contrairement à certains webdocus qui abusent un peu du recyclage, ici chaque rubrique à son propre contenu. Les sujets sont passionnants (les enlèvements au Mexique, New Orleans trois ans après…) et bien faits. On attend les prochains avec impatience !

Les webdocus « bonus »

02/03/2009

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Il y a les webdocus qui se suffisent à eux-mêmes. Et il y a ceux qui sont associés à d’autres productions comme un documentaire, un livre ou même une pub.

Les plus médisants n’y verront qu’un ersatz de webdocu. Un simple bonus promotionnel ou, au mieux, un vague supplément. D’autres, par contre, penseront qu’ils constituent un terrain de jeu exceptionnel où l’on expérimente, on invente des associations de médias et, in fine, on crée de nouveaux modes de récit.

Trois exemples :

La cité des mortes, déjà évoquée dans un précédent post.

James Ellroy – Le quatuor de Los Angeles vient enrichir le site d’un Théma diffusé sur Arte en novembre dernier, consacré à l’auteur américain.  Sous forme de parcours initiatique, on découvre le Los Angeles de James Ellroy, à travers son Quatuor : Le Dahlia Noir, Le Grand Nulle part, L.A.Confidential et White Jazz. Produit par Plokker le webdocumentaire a reçu le prix Eyes and Ears 2007, dans la catégorie “Meilleur Site internet d’un programme, d’un film ou d’un contenu”.

Asile de nuit fonctionne comme le journal de bord du cinéaste Nicolas Klotz qui a voulu documenter et prolonger le débat autour de ses productions : Paria et Un ange en danger. Le site, conçu pour être un « lieu-refuge donnant hospitalité à la pensée », voulait, à travers des entretiens vidéo avec des sociologues, des philosophes et des acteurs de la rue, prolonger le débat sur l’exclusion, sujet de ses films. Mais le site date : les vidéos sont difficiles à visionner, le graphisme est austère et le forum inanimé depuis 2001. Un pionnier à l’époque !

De Mao aux J.O.

24/02/2009

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De la même manière que Montreal en 12 lieux, le webdocu De Mao aux JO, nous balade le long de l’axe principal de Pekin, guidés par une carte interactive.

Dix-huit lieux symboliques, comme le mausolée de Mao, une école ou un centre commercial, nous sont présentés par une série de personnages. Chacun, par son métier, son passé ou sa situation sociale, apporte un éclairage nouveau sur la Chine qui entre dans la modernité.

Un travail journalistique

Un couple d’ouvriers, qui vivent dans une cabane au cœur du chantier, nous parlent de l’avenir de leurs deux enfants. La mère souhaite que le garçon ait un meilleur avenir : qu’il devienne…journaliste. Justement, le spectateur avait suivi, deux épisodes avant, un blogueur qui enquête au milieu des décombres de Hutongs, ces maisons traditionnelles du centre ville détruites par le gouvernement pour laisser place aux installations olympiques. Le cyber-journaliste se heurte de plein fouet à la censure. Non loin de là, dans le parc Jingshan, un groupe de retraités nostalgiques de la révolution culturelle chantent et dansent sur des aires révolutionnaires.

Les 18 reportages vidéos, d’environ 3 à 4 minutes, sont le fruit d’un vrai travail journalistique. Bien montés, souvent rythmés par du hip-hop chinois, ils sont dynamiques et agréables à regarder. L’esthétique du site aussi est soignée.

Le tout est en somme assez complet et bien fini. C’est le travail de Charlie Buffet et de son équipe (jusqu’à 6 sur un même sujet). Chaque reportage est complété par le « billet de Charlie » où l’on peut lire des informations supplémentaires et quelques impressions de tournage. Produit par Plokker pour Arte Reportage en 2008, ce webdocumentaire mérite le détour. Seule reproche, le site est un peu lourd et donc long à charger.

Le web-documentaire, demain tous reporters ?

15/02/2009

C’est la question que pose le chapitre sur les web documentaires du dossier Digima (Digital + cinéma) publié sur le site fluctuat.net. Bonne lecture !

La cité des mortes : Ciudad Juarez

05/02/2009

ciudad-juarezC’est certainement l’un des premiers webdocumentaires.  Conçu pour compléter un livre-enquête sur cette ville mexicaine où de nombreuses femmes ont été retrouvées violées et assassinées, il a été mis en ligne en 2005 par Upian. Après l’excellent Thanatorama (réalisé en 2007), je découvre donc son ancêtre. On mesure ainsi le chemin parcouru. Car sans avoir lu le livre, ni le long préambule, il est bien difficile de s’y retrouver ! Ni fin ni début, mais quatre catégories : « Video, Photo, Radio, et Cartographie ». Bref, pas vraiment de fil directeur ni de progression temporelle. Il faut donc fournir un effort considérable pour se plonger dans le docu. L’interface aussi n’est pas très instinctive. J’ai mis du temps à comprendre comment la radio marchait….

Le spectateur est souvent perdu car pas assez informé. Par exemple, la vidéo sur les « bus de la mondialisation » n’est accompagnée d’aucune sorte d’éclairage. On voit simplement des bus rouler… D’autres vidéos, n’en sont pas : ce sont des diaporamas constitués des même images que l’on retrouve dans la rubrique photo. Rubrique mal faite par ailleurs, dans sa présentation des clichés. On trouve aussi quelques fautes d’orthographes…

Mieux vaut considérer ce webdocu comme un pionner qui ne se suffit pas à lui-même. Il faut lire le livre d’abord. Chose que je n’ai pas faite.

Mini-webdocus

04/02/2009

Difficile de faire plus simple comme nom. Les minimovies, comme le nom l’indique donc, sont des documentaires d’une durée adaptée au web : de 3 à 7 minutes. Chaque sujet compte 7 à 10 épisodes. Submarinechannel, la société néerlandaise qui les produit, ne s’est pas contentée de couper en plusieurs parties des documentaires classiques. Chaque épisode peut ainsi se visionner indépendamment. Le rythme est plus rapide. Et les sujets sont bourrés d’innovation.

Le dernier en date « I love Alaska » reprend le scandale AOL. En 2004, le géant d’internet a publié par inadvertance les trois derniers mois de recherche de 650 000 internautes. L’équipe de minimovies s’est penchée sur le cas de l’utilisateur 711391 : une quinquagénaire de Houston (Texas), religieuse et fascinée par l’Alaska. On y voit des paysages enneigés, en plan fixe, et on entend une voix off, métallique, qui énumère les recherches : comment fllirter avec un homme; comment tuer un oiseau dans son jardin; peut-on attraper le SIDA par la transpiration…. Ca s’apparente pour moi plus à une video d’art qu’à un reportage.

HBO

Autre exemple, plus intéressant : « Dear Oprah ». Sous la forme d’une lettre adressée à la célèbre présentatrice américaine, les journalistes sont partis à la rencontre des américains qui ne votent pas. On y apprend beaucoup de chose, comme les difficultés matérielles que peuvent rencontrer des américains modestes pour se rendre aux urnes. Surtout, la forme est originale : des experts commentent des chiffres de l’abstention autour d’une pizza, d’une tarte aux myrtilles ou encore d’une omelette qui servent à représenter la part des citoyens qui remplissent ou non leurs devoirs. Les journalistes se mettent beaucoup en scène et n’hésitent pas à faire des blagues. On passe ainsi du rire aux témoignages d’une démocratie américaine en crise.

Leur première production, Molotov Alva, se situe entièrement dans l’univers virtuelle de 2nd Life. Une idée originale qui leur a valu l’intérêt de la grande chaîne américaine HBO.

Sur un plan pratique, on peut télécharger les documentaires, mais on ne peut pas, me semble-t-il, s’abonner sous forme de podcast pour les visionner sur des smart phone. Dommage. Surtout que les possibilités qu’offre le web ne sont pas vraiment exploitées. Par exemple, la rubrique « pour aller plus loin », se limite à deux trois articles, dont Wikipedia, pourtant proscrit chez tout journaliste qui se respecte.

Et qui di web ne dit pas toujours mauvaise qualité puisque

Recentrer le sujet

14/01/2009

Peut-être vaudrait-il mieux se concentrer sur une boite de production en particulier ? Upian par exemple. Mais y-a-t-il assez de matière ? Car s’ils se disent « web producer since 1974 », on ne compte que 6 webdocumentaires sur leur site. A voir.

Gaza/Sderot à l’heure de la guerre

14/01/2009

gazasderot-vignetteLes dernières images datent du 23 décembre, la veille du lancement de l’opération « plomb durci » par Israël. C’est le  hasard du calendrier. Le tournage des 40 épisodes était prévu du 26 octobre au 23 décembre 2008. Cité dans Le Monde Télévision (semaine de 5 au 11 janvier), Serge Gordey, producteur délégué au projet, affirme que, depuis le déclenchement de la guerre « nous somme restées en contact avec les deux équipes ». Il a aussi eu des nouvelles des personnes filmés dans les documentaires.

La suite en discussion

Côté palestinien, l’équipe s’est dispersée. En Israël, on s’inquiète du risque de mobilisation.  La plupart sont terrés chez eux sur instruction militaire, mais un simple coup de fil pourrait les envoyer sur le front.

Des discussions sont en cours avec Arte pour reprendre le tournage. Ce qui devrait se faire si on en croit la progression de la fréquentation du site. Le 4 janvier, on comptait 5 000 visiteurs uniques, un record. Mais pour l’instant, le producteur palestinien est introuvable. Un message en hébreu signal que le correspondant est injoingable.